On entend souvent les gens qui visitent la galerie d’art de Sudbury pour la
première fois s’exclamer: “Comme c’est dommage qu’on n’ait pas aussi préservé
l’intérieur de cette bell maison!” En réalité, tout ce qui reste de la
construction d’origine est l’extérieur de Pierre et une partie de la petite
véranda. Tout le reste a été détruit par un incendie le 3 décembre 1955. Les
propriétaires d’origine ainsi que les événements menant à l’utilisation de
cette maison comme Centre artistique sont intimement liés à l’histoire de
Sudbury.
La ville de Sudbury fut fondée en 1883 à l’emplacement de la gare de junction
de Sudbury, à la bifurcation de la ligne secondaire d’Algoma Milles et de la
lign principale du Pacifique Canadien. Avant l’époque de l’industrie minière,
qui débuta autour de 1900, la croissance économique de Sudbury dépendait à la
fois du chemin de fer et de l’exploitation forestière. William Joseph Bell et
son épouse Katherine, attirés à Sudbury par l’industrie du bois,
construisirent la maison qui est devenue le Centre artistique.
W. J. Bell acheta un vaste terrain, environ 155 arpents (63 hectares)
qui s’étendait le long du rivage du lac Ramsey presque jusqu’au site actuel de
Science Nord. La propriété faisait partie de la succession de Robert T.
Henderson et se vendit en 1908 pour la somme totale de 301 $.
Pour y construire sa maison, W. J. Bell choisit comme site un endroit
dominant le lac Ramsey et séparé de la ville proprement dite par les voies du
Canadien Pacifique. Auparavant, c’était l’emplacement du “Chateaux Deacon”,
cabane de pierre et de rondins ornée d’une tourelle et occupée par un
solitaire qui était, disait-on, un ancien combattant de l’armée britannique.
A l’époque de la construction de la maison Bell, Sudbury comptait
environ 4 000 habitants. L’agglomération avait l’eau courante et les égoûts,
le télèphone, l’électricité et un service de pompiers.
Un pont appelé le vieux Pont de fer, et maintenant remplacé par une
passerelle, traversait la voie ferrée et permettait d’arriver à la rue Nelson,
où se trouvait le portail de pierre et de fer forgé de la maison Bell. Bien
entendu ce portail, comme la proriété d’ailleurs, montrait qu’il s’agisait
d’une famille de notables. Qui étaient donc ces Bell?
William Joseph Bell surnommé Willie Joe, naquit le 29 juillet 1858 à
Pembroke, en Ontario. Il était le fils de Joseph Bell et Elizabeth Bell, née
Kennedy, et le frère de Henry, Elizabeth et Mary. Dès l’age de 18 ans, il
commença a travailler dans l’industrie du bois, comme bûcheron et toiseur pour
enterprise de Kipawa Québec. En 1881, il devint comptable et trésorier-payeur
pour la compagnie E.B. Eddy. En 1889, il alla traivailler dans la construction
de docks et d’installations portuaires en Nouvelle-Ecosse.
W. J. Bell vint en 1896 dans le nord de l’Ontario et travailla pour la
Compagnie de bois Hale & Booth Lumber. Quatre ans plus tard, il était
directeur de la Compagnie Sable & Spanish River Boom & Slide (estacade et
glissoir)
En 1901 , il devint vice-president et directeur général de la compagnie
Spanish River Lumber. Le président de cette compagnie s’appelait Benjamin
Arnold, d’Albany, New York. Il’s s’associèrent pour former la compagnie Arnold
& Bell qui traivaillait le long du Chenal Nord. D’après la notice nécrologique
du Sudbury Star, Arnold & Bell était la plus importante des 36 compagnies
d’exploitations de bois ayant des droits de flottage et d’abattage dans la
concesion de la rivière Spanish.
Apreès que sa compaganie fut amalgamée par le Spanish Lumber Company, la
carrière de W. J. Bell continua sa montée en flèche et il devint bientôt
président. En 1924, il aquit la Spanish River Lumber Company et en resta le
président jusqu’en 1932, date à laquelle il vendit à la famille Poupore.
Il s’intéressait également aux affaires dans d’autres domains. Il fut
membre du conseil d’administration, puis en 1920 président de la quincaillerie
Cochrane-Dunlop, et également président-directeur-général de National Grocers
Ltd. Il était membre actif du Parti conservateur, de l’Eglise Unie où il était
secrétaire-trésorier de l’églish Saint-Andrew, et membre de l’Ordre des
francs-maçons. Il parraina le club de hockey de Sudbury, et participa à la
foundation du club de golf Idylwylde.
En tant que membre de la Commission des parcs de Sudbury, il encouragea
la créations de parcs municipaux. Le parc Bell et Bell Gove sont nommés en sa
mémoire. En 1926, W. J. Bell avait cédé à la ville 110 arpents (45 hectares)
sure les bords du lac Ramsey pour y aménager ces deux parcs municipaux. Il
avait également des intérêt dans les terrains qui sont devenus le parc
Memorial.
En 1942, la ville de Sudbury honora les oeuvres de bienfaisance et la
générosite de W. J. Bell en faisant peindres son portrait par le peindre
C.A.McGregor, O.S.A. et ce portrait orne les murs de la sale du conseil
municipal de Sudbury. W. J. Bell mourut le 12 janvier 1945 à l’âge de 87 ans
et fut enterré dans la tombe familiale à Pembroke.
William et Katherine Bell se marièrent en 1886. Elle vint rejoinder son
mari à Sudbury peu après le début du siècle. Madame Bell était la fille du
Sénateur et de Madame Thomas Skead, et était née a Ottawa en 1864. Après son
marriage, elle voyagea beaucoup en compagnie de son mari.
Dans la notice nécrologique du Sudbury Star, on lit:
“On se souviendra longtemps à Sudbury de Madame Bell à cause de sa
générosité et de sa philanthropie, de son rôle a l’église unie Saint-Andrew,
de ses heureux efforts pour faire venire les infirmière de l’Ordre de Victoria
du Canada (VON) à Sudbury, de son rôle dans la foundation de la Société
d’horticulture de Sudbury, et de son amour les gens et les animaux.”
Son amour pour les animaux est toujours vivant, car c’est grâce à elle
que la Société protectrice des animaux fit une enquête dans tout le nord de
l’Ontario pour empêcher la cruauté envers les chevaux dans les camps de
bûcherons. Selon Peter Henderson son jardinière et chauffeur, ce n’est qu’au
cours des dix dernières années de sa vie qu’on a pu la persuader de faire
usage de l’automobile familiale. Elle adorait les chevaux et ne s’intéressait
guère aux automobiles, disant qu’elle allaient bien trop vite pour permettre
aux passagers de regarder à loisir les gens et tout ce qui se pass dans la
rue. En fait, la plupart des anecdotes se rapportent à Madame Bell et son
cheval Laddy.
Madame Bell encouragea les infirmières de l’Odres de Victoria du Canada
(VON) à venire a Sudbury quand elle s’apperçut du grand besoin de soins
infirmiers à domicile pour les maladies et les femmes en couches. Elle
encouragea aussi activement le YMCA, L’Aide à l’enfance, la Croix-Rouge
canadienne, et le Biliotèque publique de Sudbury.
Katherine Bell mourut chez elle à l’âge de 90 ans, le 9 Janivier 1954,
et fut enterée aux côtés de son mari dans la tombe familiale à Pembroke.
Les Bell n’eurent pas d’enfants. A la mort de Madame Bell, la parenté
consitait en une nièce et un neveu à Montréal. Dans leurs testaments, les Bell
continuèrent les bonnes actions commencées pendant leur vie. La succession de
W.J. Bell comportait un legs de 125 000$ à l’Armee du Salut. Cette somme,
supplémentée par une souscription publique, permit de construire le Centre
Social de l’Armée du Salut pour les homes, dans la rue Larche, en plein Coeur
de Sudbury.
Les testament de Madame Bell corportait les dons suivants: 5 000$ à
l’Hopital de Pembroke, 5 000$ à l’église unie Saint-Andrew, 5 000 $ au VON, 2
000$ à l’ Aide à l’enfance, 1 000$ à l’église unie Calvin de Pembroke, et 5
000$ au Fonds de pension d’Eglise Unie du Canada. Des sommes d’argent et des
objets furent donnes en souvenir a son fidèl personnel, à des parents et amis
et le reste de la succession fut remis à l’Hopital du district de Sudbury.
Au cours de leur vie, les Bell prirent part à la vie culturelle,
politique et social, ainsi qu’au monde des affaires de Sudbury, et la maison
des Bell était au centre d’un grand nombre de ces activités.
On a vu que la propriété Bell comprenait quelque 155 arpents ( 63
hectares) autour du lac Ramsey. De la maison et ses dépendences il reste trois
constructions d’origine: la maison d’habitation, la remise qui était un
batiment séparé, et près de la rue John une annexe de pierre utilisée comme
buanderie. A l’époque, il y a avait aussi une écurie (sure l’emplacement du
terrain de stationnement) et du coté du lac, une véranda avec des plantes.
Monsieur et Madame Bell étaient très fiers de leur arbres et de leurs
jardins, et employèrent un jardinier toute leur vie. Des murs de peirre
retenaient les terrain en pentre descendant vers le lac. Le jardin potager se
trouvait au niveau inférieur, au 483 rue Elizabeth. Les allées étaient
couvertes de gravier blanc.
Il semble que à l’origine, le terrain était dénudé. Sous la direction du
maçon John James, des tonnes de pierre de la région furent taillées et
tranportées pour constuire les bâtiments et les mures. Selon W. J. Bell il
aurait fallu cinquante attelage de chevaux et six semaines pour apporter la
terre des jardins. Pour finir, on planta des quantités d’arbres et on
agrémenta les jardins de petits ponts.
On ne connaît pas le nom de l’architecte, et on ne sait pas exactement
d’où vient la pierre. La maison d’ahbitation est faite de rangs de pierre
taillées tandis que la remise et en moellons réguliers. C’était a l’époque, et
c’est peut-être toujours l’une des maisons les plue imposantes de Sudbury.
Pour se rendre visite aux Bell, on entrait par les portails de fer forgé
hauts de 6 pieds (2 mètres) montés sure des colonnes de pierre, soit par la
rue John, soit par le chemin Ramsey. La porte principale de la maison se
trouvait au sud, face au lac Ramsey; de la galerie, on avait une vue
magnifiques.
L’intérieur de la maison était groupé autour d’un hall central, d’où
partait une majestueuse montée d’escalier menant a l’étage. Dorothy Forster,
voisine de Madame Bell, raconte qu’il ya avait, perché sure la rampe, un
magnifique paon victorien brodé de perles de verre.
La maison avait deux étages et une cave. Selon Jeannette Gauthier, qui a
travaillé chez les Bell de 1940 à 1954, l’escalier principal se trouvait au
fond du hall. A droit it y avait un bureau, et à gauche un grand salon, par
lequel on pouvait se rendre à la véranda.
Au rez-de-chausée, en plus du slaon et du bureau, il y avait à l’arrière
la cuisine. Donnant sure la cuisine, l’office comportait aussi une porte
arrière qui menait aux étages. La salle à manger très élégants avait une baie
vitrée qui existe toujours.
Au premiere étage, il y avait quatre chambres et une sale de bain. Du
temps où elle traiviallait pour les Bell, le deuxième étage était surtout
utilisé pour le rangement, mais on y trouvait aussi une grande table de
billard.
John McAdam et Campbell Girdwood intallerent les belles boiseries qui
décoraient tout les rez-de-chaussée et une partie du premiere étage. Tout
autour des pièces, une cimaise couronnait les lambris qui alernaient parfois
avec des panneaux de tapisserie paille.
La décoration était de style artisanal et de style Art Nouveau courants
dans les maisons aisées au début des années 1900. Les vitraux de la sale à
manger reprenaient les lignes des boiseries. De nos jours, on trouverait ce
style trop somber, trop lourd, et plutôt déprimant. A l’époque, la maison
reflétait le rang de ses proriétaires. Il y avait des cheminées dans plusieurs
pièces.
La décoration intérieur consistait en un mélange éclectique de style,
peut-être a cause des objets variés que Madame Belle avait probablement
apoortés de la regions d’Ottawa. Dans l’entrée se trouvaient une grande
horologe de style Chippendale, une table de jeu et un fauteuil. Dans le reste
de la maison, les meubles étaient de style Sheraton, Empire et néo-rococo.
Sure les planchers il y avait des tapis d’Origent, et sure les murs des
peintures et des aquarelles. Les bibelots d’argent, de verre, de faïence,
objects choisi sans doute au cours de la longue vie de Madame Bell etaient de
périodes diverses.
La remise est restée dans l’éétat d’origine jusqu’en 1980. L’intérieur
était recouvert de planches de pin à rainure et languette de moulunre de pin:
il y avait un cheminée, peut-être pour un poêle à bois. Les stalles des
chevaux se trouvaient à l’étage principal, et de l’intérieur, on pouvait
accéder à l’étage supérieur où se trouvait le foin, et à la cave, ou il y a
toujours les stalles d’origine pour le bétail, ainsi que le rocher typique de
bien des sous-sols à Sudbury.
Evidemment, dans une habitation de ce genre, il était nécessaire
d’employer des gens de maison. Au cours des années 1940, les Bell avaient un
chauffeur / jardinier, Peter Henderson, qui traivailla chez eux pendant 35
ans, et une gouvernante, Jeannette Gauthier. Une femme de ménage venait trois
fois par semaine et faisait aussi la lessive, une infirmière travaillait à
plein temps pendant les vieux jours de Monsieur et Madame Bell, et l’été on
employait un homme supplémentaire.
Jeannette Gauthier reconte: “J’aimais beaucoup travailler chez les Bell.
Il’s etaient très stricts, et le soir on n’avait pas la permission de rentrer
tard. Il’s étaient très gentils, et j’habitais dans la maison. J’avais une
bell chambre. J’étais bein traitée. J’étais libre le jeudi après-midi. Le
dimanche, je traivaillais toute la journée, mais il fallait que j’aille à
l’église. Madame Bell était très gentile pour moi. Lorsque je devais aller à
l’église le soir à sept heures et demi. C’était elle quie faisait la vaiselle,
ce qui va surprendres beaucoup de gens. C’étaient des gens qui aimaient lordre
et la properté. Je ne rentrais jamais pour trouver l’évier plein de vaisselle
sale.”
Jusqu’au début des années 1959, on produisait toute la nourriture
nécessaire sur place. Il y avait un cheval, deux vaches, et des poules.
Jeannette Gauthier faisait le beurre le jeudi matin.
Un autre employé s’appelait Percy Gardner (par la suite il va fonder
Gardner Motors de Sudbury). Peu après son arrive d’Angleterre, autour de 1907,
Percy Gardner fut embauché par Monsieur Bell pour s’occuper des chevaux.
En 1911, Percy Gardner fut de nouveau engage par W.J. Bell qui avait
l’intention d’importer de Detroit à Sudbury la première automobile neuve, et
qui avait besoin d’un chauffeur. Percy Gardner ne savait ni conduire une
voiture, ni s’en occupier; c’est pourquoi W.J. Bell l’envoya en stage à
Detroit pendant six semaines et à Toronto pendant deux semaines. Gardner
pouvait donc s’enorgueillir d’avoir conduit en 1911 la première automobile
neuve de Sudbury. Il n’y avait pas de routes menant à Sudbury et on ne se
servait de la voiture que dans les environs. Chaques années, à la fin
d’octobre, on mettait la voiture sure des blocs et on envoyait la batterie
d’accumulateur à Toronto.
P. Gardner reconte: “ La voiture avait couté 6 500$...C’était un quatre
cylinders, la permière qui ait fait le trajet vers l’ouest de Copper Cliff à
Massey.” Ce voyage, plus difficile que prévu, dura onze heures!
En 1915, P Gardner voulait s’engager et finalement W. J. Bell le laissa
partir pour la guerre. P. Gardner restera éternellement reconaissant du fait
que W. J. Bell intervint auprès des autoritès pour qu’il aille combattre en
Europe, et que pendant tout le temps qu’il était sous le drapeaux, les
payments d’hypothèque de sa maison furent verses. Par la suite, P. Gardner put
acheter une maison, là ou se trouvait à l’origine le jardin potager de Madame
Bell.
A la mort de Madame Bell, la maison de famille, la proprieté et la
plupart de son contenu furent légués à l’hopital Memorial. Au cours de l’été,
l’IODE organisa des le jardin une ventre en plein air des meubles et du
contenu de la maison. Jusqu’à l’incendie du 3 décembre 1955, la maison servit
de residence pour le personnel de l’hopital.
Après l’incendie, la maison resta dans un état lamentable jusqu’à ce que
la loge Nickel de l’Ordre des francs-maçons commence les reparations
necessaries pour en faire son siege social. Mais on ne put continuer à cause
de problèmes de zonage municipal. En 1966, la propriété fut acheté par la
Comité du centenaire de la Chambre de commerce. Grace au project du
Centenaire, la maison devint le muse actuel. En 1968, le Centre fut
officiellement confié à l’Université Laurentienne, qui a la mission de
l’administrer pour agrémenter les loisirs de la population de Sudbury et de la
region.
Le nom Bell ne fait pas partie nom du muse, et la plupart de l’intérieur
n’est plus la maision d’origine, mais nous continuons d’apprecier l’esprit de
pionnier et la générosite de W. J. et Katherine Bell qui seront toujours
associés à ce lieu.
© Laurentian University Museum and Art Centre 1990


